[Entraide] Mycoses et irritations vulvo-vaginales : éviter les récidives

Voilà un sujet pris à la légère par la médecine alors qu’il touche 75% des femmes, au moins une fois dans leur vie (et parfois les hommes). En effet, il y a très peu de complications (pas de stérilité) suite à cette infection qui généralement reste locale. Cependant, cette infection peut, dans certains cas, devenir chronique et la plupart du temps être assez gênante au quotidien.

Ce sujet est là pour informer, aider à mieux connaître son corps afin de le maîtriser un peu plus.

De nombreuses info ici : www.mycoses.infosanteonline.com

Plan de l’article

  • Définition
  • Symptômes
  • A quoi ça ressemble ?
  • Diagnostic différentiel
    • Vaginose bactérienne
    • Écoulement de la glaire cervicale apparaissant avant l’ovulation
    • Dermatite de contact
  • Facteurs de risque
  • Conseil de prévention
  • Éviter des récidives ?
    • Rééquilibrer la flore vaginale
    • Agir sur l’équilibre de vie
    • Contraception et mycose
  • Solutions / Traitements
    • Les traitements des médecines traditionnelles allopathiques
    • Les traitement alternatifs, de plantes homéopathiques
    • Irritations de la vulve/vagin
    • Pour les mycoses à répétition (conseil de M. Winckler)
  • Menstruations et mycoses (le comble !)
    • Quelles protections préférer ?
  • Voir un médecin
    • Comment se passe l’examen pour diagnostiquer une mycose, chez le médecin ?
  • Se réapproprier son corps, s’observer
  • Sexe et mycose : comment se protéger et protéger ses partenaires sexuels ?
    • Lors du traitement anti-fongique
    • En dehors du traitement anti-fongique
    • Pour l’utilisation de sex-toys
  • Témoignages
    • Lichen scléreux à 23 ans, cicatrice
  • Références utiles

Définition

Une mycose est une infection par un champignon et n’est pas une infection sexuellement transmissible (IST), bien qu’elle puisse être relativement contagieuse. Il faut distinguer les mycoses qui touchent les parties génitales (peau, muqueuses) de celles qui touchent les autres parties du corps (ongles, cheveux, le reste de la peau).

Pour les infections touchant les parties génitales et les muqueuses, ce sont les « candida albicans » (l’espèce de champignons la plus fréquente mais il y a 35 espèces différentes, au moins) qui sont généralement concernés. Ils sont naturellement présents dans la flore de l’oro-pharynx ou du tube digestif, et peuvent aussi être présents en faible quantité dans la flore vaginale normale. Ainsi, de telles infections peuvent toucher l’anus et la bouche, également.

On parle de « vaginite (infection) candidosique (aux champignons) » pour le vagin et/ou la vulve. On observe alors une prolifération de ces champignons qui sont déjà naturellement dans la flore vaginale mais qui prennent le dessus et qui la déséquilibrent.

L’utérus est un lieu stérile. La mycose ne peut pas se propager à l’utérus.

Symptômes

  • Les mycoses vulvo-vaginales peuvent être gênantes et provoquer des irritations, des démangeaisons, des brûlures aux niveaux interne et externe du vagin et de la vulve et peuvent être douloureuses. Ces symptômes peuvent entrainer des difficultés transitoires pour faire du vélo ou avoir des rapports sexuels, par exemple.
  • On observe également un écoulement blanchâtre (leucorrhée) anormal (car responsable d’irritations) grumeleux et adhérent, inodore, ressemblant parfois à du « lait caillé ». Cet écoulement a tendance à rendre le tissu de la culotte plus rêche.
  • Souvent, les mycoses s’accompagnent de petites irritations de la vulve ou du vagin qui mettent un peu plus longtemps à guérir que la mycose elle-même et qui peuvent faire mal.

Toutefois, 20 % des patientes sont des porteuses asymptomatiques. Ces patientes, d’ailleurs, ne nécessitent pas d’être traitées.

A quoi ça ressemble ?

Sur le web, on ne trouve pas/peu d’images de vulve avec des mycoses, alors qu’on trouve plus facilement des images de pénis qui en sont atteints. Les vulves sont sûrement jugées plus « pornographiques » comparé aux pénis, ce qui expliquerait cette asymétrie de traitement.

A ce qu’on peut lire, la vulve devient plus foncée (rouge) et parfois, plus brillante et luisante lors d’une telle infection.
Parfois, l’intérieur du vagin est clairement blanc, recouvert de « pertes blanches ».

Diagnostic différentiel

Il ne faut pas confondre les mycoses avec d’autres troubles (le diagnostic peut être étayé par une analyse des pertes prélevées) car les symptômes peuvent en rappeler d’autres. Les symptômes de mycose peuvent dissimuler (favoriser ?) une autre infection qui a moins de symptômes visibles.

Dans les vaginites candidosiques, il n’y a généralement pas d’odeur dérangeante. Une odeur importante d’amine (odeur de poisson, saumonnée) avec pertes verdâtres suggère une vaginose bactérienne. Dans les vaginoses, les femmes ne se plaignent de rien dans plus de la moitié des cas. Il est important de traiter surtout s’il y a une grossesse ou une intervention médicale dans l’utérus (une pose de stérilet, une IVG, etc.)  pour éviter d’éventuelles complications.

Si ce n’est qu’un écoulement vaginal non prurigineux (qui ne gratte pas), sans odeur et apparaissant quelques jours par mois, il s’agit très probablement de l’écoulement de la glaire cervicale apparaissant avant l’ovulation et disparaissant après celle-ci. Ces écoulement peuvent aussi avoir lieu peu avant les règles. Il faut savoir également, que sous DIU, les pertes blanches peuvent êtres plus abondantes. C’est lié au fait que le col, au contact des fils, sécrète plus.

Parfois, les symptômes peuvent être dus à une dermatite (dermite ?) de contact (cf. wikipédia), de l’eczéma qui provoque une inflammation des tissus. Ici, les médecins prescriront de la cortisone pour soulager les symptômes de prurit. Dans ce cas, il faut repérer ce qui irrite les tissus : une crème ? un vêtement ? des protections périodiques ? etc. Les causes les plus répandues de dermite de contact par irritation sont les savons durs (très alcalin, tels que « Gyn Hydralin© », conseillé par les médecins pour soulager une mycose). La dermite de contact provoque des manifestations telles que les brûlures, démangeaisons et éruptions cutanées qui vont mettre quelques jours ou plusieurs semaines à guérir.

Facteurs de risque

Tout ce qui peut déséquilibrer le pH vaginal ou qui abaisse les défenses immunitaires est un facteur de risque. En effet, l’acidité (naturelle) vaginale est protectrice (mais avant la puberté le pH vulvovaginal n’est pas le même qu’après).

Les mycoses se déclenchent plus souvent suite à :

  • un traitement antibiotique,
  • des changements hormonaux divers (ménopause, grossesse, allaitement, stress),
  • des contraceptifs oraux (pilules) fortement dosés en œstrogènes (modification de l’épithélium vaginal)
  • l’utilisation de produits d’hygiène féminine (ex : les solutions à usage quotidien au pH acide, cf. la notice de Monazol®), des douches vaginales,
  • une macération importante de la transpiration et autres fluides (favorisé par des sous-vêtement en synthétique, des vêtements moulants, des protège-slip, etc.), une fréquentation importante des endroits chauds et humides (ex : des piscines),
  • un effet « ping-pong » (lié au partenaire sexuel : facteur à ne pas surestimer).

Parmi les autres facteurs qui tendent à modifier l’acidité vaginale, on trouve :

  • les règles,
  • l’infection de la glaire cervicale,
  • les rapports sexuels (micro-traumatismes ; transsudat vaginal lié à la stimulation sexuelle ; pH basique du sperme, donc penser à bien se vider le vagin après un rapport sexuel).

Conseils de prévention

  • Porter des sous-vêtement en coton (naturel et constituant le tissu à 100%)
  • Éviter les vêtements trop moulants qui favorisent la transpiration et qui retiennent la chaleur (surtout les jeans), les déodorants, les sprays, les savons (ou autres) parfumés
  • Prendre des savons doux ; préférer un pain plutôt que du savon en gel qui aurait tendance à assécher la peau (savon pour bébé ?, savon d’alep ? certains médecins préconisent Saforelle ou Hydralin alors que d’autres auraient tendance à les déconseiller et préconisent simplement un savon doux sans savon) mais à n’utiliser pas plus d’une fois par jour.
  • Laver ses muqueuses directement avec les mains (pas de gants, pas de fleur de douche).
  • Si besoin de plus d’une douche par jour (à cause de la transpiration, etc.) : se rincer à l’eau claire.
  • Bien se sécher la vulve après la douche (avec un sèche-cheveux soufflant froid, par exemple, lu sur le site de M. Winckler) et changer régulièrement de serviettes de toilette.

Éviter des récidives ?

Quand l’équilibre de la flore vaginale est rompu, il est parfois plus difficile pour certaines femmes de retrouver cet équilibre.

Ce n’est pas parce qu’à certaines périodes, on semble ne plus ressentir de symptômes que la mycose n’est plus là.

Malgré le traitement, certaines femmes gardent, dans un pli (souvent juste à l’entrée de la vulve, entre les lèvres, ou dans un pli des lèvres), une petite zone d’inflammation très localisée, où le champignon reste actif. Et voilà pourquoi, parfois, ça recommence au bout de 15 jours. (Martin Winckler)

Les récidives sont fréquentes liées aux formes résistantes ; elles sont rythmées par le cycle, et souvent aggravées lors de la phase prémenstruelle sous l’influence de la progestérone.

Rééquilibrer la flore vaginale

Il faut savoir également qu’une cure répétée d’anti-fongique déséquilibre la flore vaginale et rend plus sensible le corps aux récidives de mycoses vulvo-vaginales. Pour contrer cela et favoriser la reconstruction de la flore, certains médecins préconisent des traitements généralement non-remboursés :

  • une cure de vitamine C (acide ascorbique) par voie vaginale (Prevegyne®, par exemple ;  non remboursé) pendant 7 jours.
  • une cure de probiotiques (ex : Femibion® 20€ pour 28 gélules ; non remboursée). On trouve les probiotiques naturellement dans les yahourts, les produits de la mer : poissons fumés, filet frais, les produits carnés : jambon, saucisses, les fromages, le jus de fruits.

Témoignage ici :

Personnellement, je vous conseille une « cure d’attaque » en cas de mycose de 4 gélules par jours (ou l’équivalent de 8-10 milliards de probio) pendant au moins 8 jours puis ensuite 2 (3 à 5 millards) gélules pdt 1 mois. (moi j’utilise Ergyphilus, ou Bioprotus, ou Lactibiane en poudre, mais il en existe probablement d’autres aussi bien ! Chaque gélule contient + de 2 miliards de germes ! ). [voir tout le témoignage ici]

Cependant, un déséquilibre de la flore n’est rarement que vaginal. Il est donc important d’agir sur son alimentation.

Agir sur l’équilibre de vie

Les récidives fréquentes peuvent être le symptôme d’un équilibre de vie perturbé, d’un stress, d’une fatigue accrue, de carences (en fer, par exemple) fragilisant le corps. Il peut être intéressant d’agir en amont sur ces causes pour éviter les récidives de :

  • faire du sport,
  • bien dormir,
  • faire attention à son équilibre alimentaire
    • surveiller une éventuelle intolérance aux protéines du lait de vache ; certains pharmaciens recommandent d’éviter les laitages et surtout le lait animal (durant les crises ou durant le traitement de fond). On peut le remplacer par du lait végétal
    • surveiller ce qui peut provoquer une acidification du milieu digestif
    • éviter les sucres simples artificiellement ajoutées : glucose, sucrose, saccharose, maltose, fructose, sirops de maïs et d’autres plantes. Proscrire toute alimentation > 50%glucide. Au delà d’une certaine quantité d’hydrates de carbones (qui varie d’un individu à l’autre) l’excès n’est plus digéré et les restes bénéficient directement aux micro organismes qui se multiplient (candidas…). On peut tolérer le miel, les fruits frais ou en jus.
    • Attention aux médicaments (antibiotiques évidemment, mais aussi AINS, corticoïdes et pilule contraceptive) qui agressent la muqueuse digestive, à l’alcool, au stress, aux épices fortes.
    • Mon médecin m’a recommandé de manger des oléagineux (noix, noisettes, amandes, etc.), du beurre frais sur mes tartines le matin (et non de la margarine), de l’huile d’olive (dans mes salades, pas pour la cuisson)
    • Veg an’ Bio propose des régimes alimentaires adaptés pour la réduction des candida albicans dans le corps

Témoignage ici :

J’ai éliminé de mon alimentation tous les sucres blancs, complets, roux et autres, toutes les sucreries.

Je ne mange que des céréales complètes, des légumes, des fruits frais et les viandes blanches, poissons, œufs. J’ai commencé une cure de probiotiques (ergyphilus), je prends deux cuillères à café bio d’huile de nigelle tous les matins, j’en applique également sur la vulve et l’anus (là où cela me démange terriblement), je mange de l’ail (1 gousse par jour)

Témoignage ici :

Antimicrobiens naturels
- Extrait de Pépin Pamplemousse (citrobiotic, par exemple : prendre 15 à 30 gouttes dans un verre d’eau 3 fois par jour, à la fin des repa):
sous forme liquide : pour la désinfection locale (à ne jamais utiliser pur)  ou pour boire quotidiennement
sous forme de gélule pour ceux qui craignent le gout   et ainsi, il se déverse directement dans le système digestif.

- Le petit-lait(des fromages blanc) est rempli de protéines beaucoup plus facilement assimilées par l’organisme que le lait pur : la lactoferrine. Cette protéine libère au cours de la digestion un peptide fongicide bactéricide qui confère un pouvoir immuno-protecteur de l’intestin et fait littéralement exploser les membranes des micro-organismes qui le colonisent !

- l’huile de ricin (dans laquelle on trouve de l’acide undécylénique) possède également une excellente activité antifongique surtout, en association avec l’EPP

- l’Huile Essentielle (HE) d’Origan (oreaganum vulgare) possède une action antifongique remarquable sur la levure Candida Albicans (entre autres) Elle devrait constituer un des 1er choix pour traiter naturellement les dysbioses fongiques ! pouvoir antimicrobien, antifongique et vermicide (origanum compactum)

- HE de Thym (Thymus vulgaris) : propriétés antimicrobienne nette, antibactérienne et surtout antifongique !

- HE de Tea Tree (arbre à thé) aux propriétés antiseptiques, antibactériennes et surtout antifongiques. Produit à privilégier pour le traitement des dermatomycoses !

- Aloe vera : les extraits de cette plante grasse contiennent un puissant immuno-stimulant. Il stimule l’activité phagocytaire (absorbe et détruit les microbes en les digérant!) et fongicide des ‘colonisateurs’ tels que Candida Albicans principalement !

Contraception et mycose

Il est possible qu’une pilule pour une femme donnée puisse favoriser des mycoses : on peut tenter de changer de pilule ou de mode contraceptif.

De la même façon, les hormones « naturelles » d’une femme donnée peuvent favoriser des mycoses ; dans ce cas, il est possible d’envisager de passer à une contraception hormonale pour tenter de réguler tout ça.

Le D.I.U occasionne souvent des pertes blanches plus abondantes et, lors des règles, des saignements plus abondants. Les pertes blanches peuvent être prises pour une mycose. D’autre part, le sang des règles peut provoquer ou amplifier des irritations. Dans le cas d’une mycose récidivante, il peut être intéressant de changer de contraception.

Solutions / Traitements

On ne traite pas une candidose asymptomatique de découverte fortuite (lors d’un examen gynécologique, par exemple).

Des traitements, il y en a plein, mais pas de réussite à 100% car cela dépend de nombreux facteurs qui ne sont pas forcément connus. Il faut faire nos choix et nos expériences de ces méthodes, selon le moment dans notre vie : si on est pressée ou pas de guérir, etc. Toutefois, si on a des mycoses à répétition, il faut faire une recherche de fond en analysant les moments d’apparition de ces mycoses (Qu’est ce qui m’est arrivé avant ? Facteurs de stress ? Repérer à quels moments cela arrive).

Les traitements des médecines traditionnelles allopathiques

Où appliquer les crèmes antifongiques ?  Sur les muqueuses inter-labiales entre les grandes et les petites lèvres, sur les petites lèvres, sur le vestibule, sur le clitoris (partie externe), éventuellement son gland. Appliquer du haut vers le bas afin d’éviter de ramener les bactéries et les champignons venant de l’anus.

  • par voie vaginale : des ovules et des crèmes anti-fongiques (anti-champignons) qui sont disponibles sans ordonnance mais peuvent être remboursées si on en a une. Le traitement devrait durer au moins 10 jours.
  • J’ai eu deux avis différents concernant le traitement. Un médecin du planning m’a dit qu’il fallait traiter avec un ovule + de la crème à appliquer matin et soir pendant 5 jours et recommencer exactement la même chose si les symptômes persistent. Cependant, il est difficile d’évaluer s’il y a encore des symptômes suite au traitement. Un autre médecin (lisant la revue « Prescrire ») m’a dit de mettre 3 ovules sur 10 jours (en mettre un tous les 3 jours environ) et d’appliquer de la crème 1 à 2 fois par jour.
  • Une crème à base d’œstrogènes (type Colpotrophine©) après le traitement afin de soulager les irritations (risques de saignements) à appliquer une fois par jour ou tous les deux jours, pendant 20 jours.
  • Utilisation ponctuelle de Gyn hydralin® (acide borique à ph alcalin)
  • par voie orale (dont on peut se méfier) :

« Dans les vaginites aiguës à Candida, le fluconazole à 150 mg (Béagyne®), en traitement monodose par voie orale, n’a pas d’avantage en termes d’efficacité clinique sur un traitement monodose par voie vaginale. Dans les vaginites récidivantes, il n’a pas été plus efficace que 7 jours d’antifongique local. » (extrait de la revue Prescrire ;  retrouver le numéro)

Les traitement alternatifs, de plantes homéopathiques

  • des extraits de pépin de pamplemousse → renforce les défenses immunitaires,
  • de la pommade de calendula non parfumée  → pour apaiser/rétablir le ph (sous forme de crème et ovule),
  • des huiles essentielles d’arbre à thé/tea-tree (à mélanger avec de l’huile, à ne pas utiliser pur sinon cela brûle),
  • du bicarbonate de soude avec de l’eau, en bain de siège → pour soulager
  • des douches vaginales vinaigrés ou d’acide lactique
  • des comprimés de fer, d’ail.
  • d’autres méthodes de grand-mère ici

Irritations de la vulve/vagin

Souvent, les mycoses s’accompagnent de petites irritations de la vulve ou du vagin qui mettent un peu plus longtemps à guérir que la mycose elle-même et qui peuvent faire mal. Martin Winckler « conseille simplement d’appliquer sur les zones enflammées ou douloureuses une pâte à l’eau toute simple, type Aloplastine ou Dermocuivre (contenant tout deux de l’oxyde de zinc s’utilisant aussi chez les nourrissons – rougeur des fesses) ; ou encore de la crème ou de la pommade Bepanthen (contenant la vitamine B5, utilisée pour les irritations de la peau) . Elles permettent la cicatrisation spontanée et au bout de quelques jours, tout ceci n’est plus qu’un mauvais souvenir. »

Dans quelle mesure la crème anti-fongique contribue à cette irritation (surtout pour les mycoses à répétition) ?

Pour les mycoses à répétition (conseil de M. Winckler)

La prochaine fois que vous avez une mycose, soignez-vous comme d’habitude, mais continuez à mettre de la crème anti-mycosique sur les zones où la mycose commence habituellement un jour sur deux ou 2 fois par semaine pendant plusieurs semaines.

Menstruations et mycoses (le comble !)

Quand on est en train de traiter une mycose et que les règles débarquent : que faire ?

Quelles protections préférer ?

En premier lieu, les tampons jetables classiques sont à proscrire : étant donné qu’ils assèchent l’intérieur du vagin, ils sont inadaptés pour l’équilibre de la flore vaginale. Il faut leur préférer les serviettes hygiéniques jetables (constituée de soie) ou lavables. Il faut les changer encore plus fréquemment qu’habituellement afin d’éviter une macération plus importante.

Et quand on a une coupe menstruelle ?

La coupe ne favorise pas de macération, a priori, elle doit donc être plus saine qu’une serviette mais étant donné qu’elle est plus intrusive qu’une serviette et doit s’insérer dans le vagin, ce n’est peut-être pas une meilleure façon de laisser tranquille son vagin.

J’ai lu sur des forums la peur de certains femmes que la coupe réinfecte le vagin au prochain cycle, même après stérilisation. Cette peur, après réflexion, me semble infondée. En effet, le vagin possède des champignons de manières naturelles : c’est le dérèglement de leur prolifération qui pose problème : même s’il restait des champignons après stérilisation (peu probable), en quoi cela dérèglerait cette prolifération ? De plus, nous avons lu que le pénis du partenaire réinfecte rarement notre vagin, alors pourquoi ce serait plus le cas pour une coupe en silicone ?

La Poule Pondeuse parle d’un vieil article de 1962 qui aurait montré que tampons et serviettes favoriseraient les infections vaginales (y compris mycoses) mais pas la coupe menstruelle : « du nouveau du coté des coupes menstruelles« .

Voir un médecin

En parler à un médecin est important, surtout si on possède un dispositif intra-utérin (où un mauvais diagnostic pourrait avoir des conséquences fâcheuses).

Cependant, gare aux médecins intrusifs : l’examen avec speculum n’est pas nécessaire, sauf si des prélèvements sont effectués. D’ailleurs, si votre médecins souhaite qu’il y ait des prélèvements, préférez que cela soit lui qui les fasse, dans de bonnes conditions plutôt que dans un laboratoire d’analyse dans lequel les conditions seraient moins favorables. Tout examen vaginal nécessite votre accord, nécessite que chaque geste soit expliqué au fur et à mesure, ne doit jamais être douloureux. Et bien sûr : pas la peine d’être entièrement nue.

Comment se passe l’examen pour diagnostiquer une mycose, chez le médecin ?

Parfois, une douleur vive peut être due simplement à une mycose ou à une éraflure de la vulve. Pour faire le diagnostic le médecin a seulement besoin… de ses yeux et d’un bon éclairage, parfois d’un coton-tige (pour identifier une zone minuscule mais très sensible). Et il n’a pas à examiner l’intérieur du vagin si la femme dit qu’elle n’a pas de gène intérieure, et si elle ne veut pas. (lu sur ZZG, article de M. Winckler)

Se réapproprier son corps, observer son sexe

La mycose peut être l’occasion aussi de regarder un peu plus souvent sa chatte, de voir comment elle fonctionne quand elle est affecté d’une maladie mais aussi quand elle est saine. Il est alors intéressant de s’équiper d’un miroir de poche et d’une lampe de poche pour s’observer plus régulièrement ; et pourquoi pas d’un speculum de Cusco ! Quand on connaît mal son corps, on a tendance à ne pas connaître ses limites, ce qui nous fait du bien ou non ; on ne sait pas bien juger de notre propre santé et on sait moins bien se prémunir contre la maladie.

La médecine moderne a tendance à déposséder les patient⋅e⋅s de leurs propres corps et de leur santé. Elle est souvent déresponsabilisante voire infantilisante. Il faut donc prendre les devants !

Sexe et mycose : comment se protéger et protéger ses partenaires sexuels ?

La question se pose surtout lors de mycoses à répétition. Si le traitement d’une mycose ne prenait que deux semaines maximum, il serait simple de prôner l’abstinence, mais sinon comment faire ?

Lors du traitement anti-fongique

  • Mieux vaut éviter d’avoir des rapports de pénétration vaginale pour éviter une irritation supplémentaire.
  • En plus, il y a une incompatibilité des préservatifs avec les ovules anti-fongiques qui les rendent poreux et qui augmente les risques de transmission des IST.

En dehors du traitement anti-fongique

  • L’utilisation de préservatifs pour une pénétration vaginale est recommandée pour éviter des (re)contaminations.
  • L’utilisation d’une digue dentaire (cf. wikipédia) pour un cunnilingus est-il recommandé ? Le risque est que le partenaire attrape une mycose sur les lèvres et/ou dans la bouche. Mais est-ce que la vulve et le vagin ne sont-ils pas eux aussi sensibles à ce que la bouche du partenaire peut transmettre (en terme de bactéries mais aussi en terme de déséquilibre de la flore vulvo-vaginale étant donné que la bouche contient de plus nombreuses bactéries qu’un sexe) ? Dans quelle mesure le rapport bucco-génital peut-il infecter la bouche du partenaire ? Est-ce que la mycose change le goût, l’odeur de la vulve et du vagin ?

Pour l’utilisation de sex-toys

Est-il préférable de mettre un préservatif par dessus ? Pour éviter une éventuelle re-contamination, par exemple ? (mais j’imagine que la réponse est la même que pour l’utilisation de la cup, sauf que le sex-toy, on ne le fait pas bouillir…donc à revoir !)

Témoignages

Sur Doctissimo, une femme qui a un lichen scléreux vulvaire pris pour une mycose à répétition

Je vous apporte mon témoignage, en espérant que ça pourra en aider certaines et m’éclairer sur cette maladie.

J’ai 23 ans et cela fait deux ans que je souffre de mycoses vaginales et vulvites à répétition.
Les divers gynéco et médecins n’arrivaient pas à me soigner, malgré les nombreux médicaments testés. Ils semblaient impuissants face à mon problème, sachant que même hors mycose, j’avais des rougeurs et des douleurs lors de la pénétration.  Ils n’ont jamais vraiment cherché la cause, pensant que c’était psychologique, m’administrant encore davantage de médicaments, toujours plus inefficaces et irritants les uns que les autres.

Désespérée, je me suis tournée vers une dermato et là, elle a semblé enfin comprendre mon cas ! Elle m’a fait faire une biopsie et il s’avère qu’en fait tous mes problèmes n’étaient pas dus à des mycoses mais bel et bien à un lichen scléreux vulvaire
Apparemment, il serait logé au niveau d’une cicatrice vulvaire que j’ai depuis 6 ans et qui ne s’est jamais cicatrisée.

Mon gynéco n’y croit pas car il estime qu’à 23 ans, un lychen scléreux n’est pas possible et que ça ne concernerait que les femmes ménopausées. Il pense que c’est plutôt une dermatite de contact.
Cependant, mes douleurs permanentes, ma peau parfois fissurée et mes irritations sont bels et bien là et je ne les invente pas.
Je suis actuellement soignée sous crème Dermoval et Colpotrophine et apparemment, le traitement va être long. Ça me soulage dans ma vie de tous les jours mais par contre je n’ai presque plus de  rapport sexuel car ça me brule horriblement…

Voilà, si je m’adresse à vous aujourd’hui, c’est pour savoir si des filles sont dans mon cas et s’il existe d’autres traitements que la cortisone pour se soigner sur le long terme ?
Pensez-vous par exemple qu’il existe des moyens naturels qui marchent pour la faire partir (huiles essentielles, régimes…)?
Comment faire pour avoir à nouveau des relations sexuelles sans douleurs?
Que me conseilleriez-vous?

 

4 réflexions sur “ [Entraide] Mycoses et irritations vulvo-vaginales : éviter les récidives ”

  1. Je ne comprends pas les recommandations de cet article en terme de « traitements alternatifs »: certains me semblent contradictoires et même dangereux.
    Vous préconisez aux femmes des douches vaginales vinaigrées, alors que les candidas prolifèrent justement dans un milieu acide, la diminution du PH vaginal étant l’un des facteurs de développement de la mycose !!! Donc je ne comprends pas. En dessous vous indiquez le bain de siège au bicarbonate de soude, lui au contraire très basique, donc oui, là je comprends ! Mais le vinaigre ???

  2. Alors, merci de votre commentaire, vous avez bien suivi…
    Par contre, je tiens à préciser que je ne préconise rien du tout. Je recense des méthodes, ce qui est différent.
    Et comme vous l’avez constaté, effectivement, je n’ai pas d’explication à cette « méthode » du vinaigre, je ne sais pas à quoi elle sert. Et je ne l’ai pas testée et approuvée. Donc, ce n’est pas la méthode à tester en premier.
    Après, si vous une idée des conséquences du vinaigre ?? peut-être qu’il a été conseillé pour ses vertues désinfectantes ou peut-être pour apaiser les démangeaisons ? En tout cas, c’est certain qu’il faut que je précise que c’est plutôt incompatible avec ce qu’on sait de l’origine d’une mycose et que vous rappelez justement !

  3. Franchement très intéressant cet article :)
    Je suis quasi guérie de mes mycoses carabinees a répétition qui ont durées plus de dix ans!!
    Dix ans de traitement qui me brûlaient la muqueuse plutôt qu autre chose… Et qui aggravaient mon cas!
    Voici mes petits produits chouchou qui m ont bien aide a l époque:

    Pommade au calendula
    Ovules au calendula
    Ovule cicatridine
    Mucogyne (gel à base d acide hyaluronique)
    Savon hydralin APAISA
    Serviettes et protéges slip vania uniquement
    Lessive écologique et aucun assouplissant (pour les dessous et les serviettes de toilette)
    Lubrifiant vendome pour les rapports sexuels
    Et bien sur privilégier les traitement oraux en cas de mycose (beagyne).

    Voilà ce qui m a fait bcp de bien et qui m a permise de mieux me défendre contre ces mycoses a répétition.
    Je les utilise tjs auj de temps en temps quand je sens une petite irritation afin d éviter que la mycose ne se développe.
    Malgres cela, le plus efficace a été d arrêter la pilule contraceptive
    Depuis je me sens (presque) normale :)

  4. Merci merci merciiiii!!!!!
    J’ai des problèmes (mycose?) en ce moment, j’ai rendez vous au planning demain mais j’ai tellement mal et peur que je voulais me rassurer un peu avant… Vous avez réussi ! Super site, super article passionnant même si long à lire j’ai tout lut.
    J’ai aussi un problème pour mes règles, je ne supporte plus les tampons ni serviettes alors que je n’ai que 17 ans.. Dur dur ça me brule toujours c’est horrible ! Alors merci pour la découverte de la coupe, je vais en parler à ma mère des que possible !
    Encore une fois, merci pour cet article génial !!

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